Version Texte (p.29-35) | Sommaire | Sources Chapitre 3 | Telechargement Partie 1
SOMMAIRE
PARTIE 1 – « BRIGITTE » AU POUVOIR
1 – 2017
2 – « BRIGITTE », FIL ROUGE DU RÈGNE D’EMMANUEL MACRON
3 – BRIGITTE ET LA DROITE CONSERVATRICE : UN TOUR DE PASSE-PASSE SOCIAL
4 – LES GOÛTS DES MACRONS
PARTIE II – LA RENCONTRE
5 – LE GARÇON, 14 ANS
6 – LE MYTHE DU MACRON ÉCRIVAIN
7 – JEUNE LOUP BALZACIEN OU ADOLESCENT EXFILTRÉ ?
8 – L’OMBRE DU LOBBY PÉDOPHILE DE RUE
9 – QUE CACHAIT LA RUMEUR MATHIEU GALLET ?
10 – UNE NÉBULEUSE PEDOCRIMINELLE AUTOUR DES MACRONS ?
11 – LES AUTEURS DE LA « LÉGENDE OFFICIELLE »
12 – « MIMI », « BRIGITTE » ET LA LÉGENDE DES SIÈCLES
PARTIE III – LE PASSÉ INACCESSIBLE DU COUPLE PRÉSIDENTIEL
13 MACRON AVANT BRIGITTE
14 – « MANETTE »
15 – FRANÇOISE MACRON-NOGUÈS ET LA PISTE TRANSGENRE
16 – « BRIGITTE » AVANT MACRON (I)
17 – « BRIGITTE » AVANT MACRON (II)
PARTIE IV – L’AFFAIRE JEAN-MICHEL TROGNEUX
18 – NATACHA REY
19 – UN « GRASSOUILLET »
20 – #JEANMICHELTROGNEUX
21 – LES AUZIÈRES ET LE CHAUVE EN MAILLOT DE BAIN
22 – LA DISPARITION DE BRIGITTE TROGNEUX (1 – LA COMMUNIANTE)
23 – LA DISPARITION DE BRIGITTE TROGNEUX (2 – LA MARIÉE)
24 – « CEUX QUI FINISSENT PAR Y CROIRE »
PARTIE V – À LA RECHERCHE DE JEAN-MICHEL TROGNEUX
25 – LA PHOTO DE FAMILLE
26 – LA PROVIDENCE (PREQUEL)
27 – UNE QUESTION DE DENTS
28 – EFFACÉ DE LA MÉMOIRE
29 – ALGER
30 – PARIS
31 – SPEYER
32 – BLANGY-TRONVILLE
33 – « VERONIQUE »
ÉPILOGUE – LE SANG DES ROTHSCHILD
Télécharger la partie I : « BRIGITTE » AU POUVOIR
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DEVENIR BRIGITTE
CANDACE OWENS PRÉSENTE
UNE ENQUÊTE DE XAVIER POUSSARD
PARTIE I
« BRIGITTE » AU POUVOIR
« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».
Antonio Gramsci, Cahiers de prison, 1948.
3
BRIGITTE ET LA DROITE CONSERVATRICE :
UN TOUR DE PASSE-PASSE SOCIAL
L’union sacrée des gays dans les arcanes du pouvoir
Analyser les réseaux de « Brigitte » et d’Emmanuel Macron, c’est se plonger dans le Tout-Paris gay1. Les quelques femmes admises dans leur entourage2 appartiennent généralement à la catégorie des « icônes gays », que l’ancien ministre de la Culture Frédéric Mitterrand qualifiait de « madone(s) des pédés »…. Le tropisme LGBT de la Macronie n’est pas un secret. D’ailleurs, elle le revendique. Sous Emmanuel Macron, le nombre de ministres ayant fait leur coming out a explosé3.
Les noms d’autres personnes circulent, mais elles n’ont pas officialisé leur homosexualité, et en France, les « outing » seraient considérés comme une atteinte à la vie privée. C’est un privilège dont jouit le réseau LGBT sur tous les autres, qu’ils soient régionaux (Auvergnats, Bretons, Corses), confessionnels (haute société protestante, Juifs), initiatiques (francs-maçons) ou familiaux (familles restantes de la noblesse française) : révéler son appartenance contre son gré relève de la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris [spécialisée dans la presse], et peut conduire à l’exclusion sociale, ne serait-ce que pour s’être interrogé sur l’incroyable montée en puissance de ce réseau à Paris depuis une trentaine d’années.
p.29
C’est pourquoi l’outing* « sauvage » provient principalement du réseau LGBT lui-même, dans des manœuvres consistant à dénoncer à la honte les homosexuels qui n’ont pas fait leur coming-out, dès lors qu’ils ne sont pas alignés sur l’agenda politique LGBT4. Milieu privilégié du chantage, le réseau LGBT exerce paradoxalement un contrôle social interne par le chantage.
Ce chantage est la clé de l’accession au pouvoir de « Brigitte » et d’Emmanuel Macron, c’est-à-dire l’espèce de coup d’État de 2017 – l’« affaire Fillon », une opération dans les domaines médiatique et judiciaire (et peut-être plus), avec des mois de harcèlement constant du candidat de la droite à l’égard de son épouse. Depuis lors, l’opposition de droite, en particulier les milieux catholiques conservateurs, est restée étonnamment discrète. Explications : comme l’a parfaitement décrit le journaliste de gauche Marc Endeweld5, cette manipulation a pris racine lorsque, au milieu des années 20, les milieux homosexuels militants ont pris conscience du fort potentiel politique de la Manif pour tous, le mouvement d’opposition au « mariage » homosexuel. Cette prise de conscience a donné lieu à une sorte d’union sacrée des gays de pouvoir6, qui se sont ensuite rangés derrière la candidature d’Emmanuel Macron. Le message inavoué est une revanche en sourdine contre le président socialiste François Hollande, qu’ils considèrent comme coupable de les avoir mis en porte-à-faux en utilisant le « mariage pour tous » comme outil politique pour fracturer la droite.
Cette centralité des réseaux homosexuels explique les allusions insidieuses à l’homosexualité supposée de François Fillon, candidat de la droite conservatrice, tout au long de la campagne électorale de 2017, en parallèle de l’offensive médiatique et judiciaire sur son épouse. En mars 2017, Vanity Fair publie un portrait du parrain de Fillon en politique, Joël Le Theule, intitulé L’homme qui a initié Fillon, avec un sous-titre acide : « Cette histoire ne plaira pas aux organisateurs de la Manif pour tous, qui manifestent derrière François Fillon le dimanche 5 mars 2017. Leur « martyre du système » est devenu politique sous Joël Le Theule, député de la Sarthe et plusieurs fois ministre, dont l’homosexualité supposée était constamment brandie par ses ennemis. Deux jours avant l’affaire Pénélope, François Fillon a tout raconté à Claude Askolovitch. »
*L’outing est le fait de révéler l’orientation sexuelle ou identité de genre d’une personne sans son consentement. Ce terme, apparu dans le milieu gay et lesbien, peut avoir des motivations politiques,
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C’est à cette époque que Paris Match a publié plusieurs couvertures pour promouvoir le couple Macron par opposition à la famille Fillon.
[2 photos de couverture de Paris Match]
En miroir, le couple Macron/Brigitte a stratégiquement amadoué la droite catholique conservatrice pour la neutraliser. Emmanuel Macron a proclamé « Je ne suis pas socialiste », debout près du souverainiste et conservateur Philippe de Villiers lors d’une visite au parc d’attractions du Puy du Fou le 19 août 2016, puis a déploré, dans la presse de gauche, que la partie de la France en phase avec la Manif pour tous « ait été humiliée »7.
Brigitte est-elle (vraiment) de droite ?
Ces signaux envoyés par le candidat Macron et les attaques contre le candidat Fillon ont constitué une salve d’injonctions contradictoires (double contrainte) provoquant un état de stress cognitif au sein de la droite conservatrice qui perdait progressivement pied. La pierre angulaire de cette opération d’ingénierie sociale de haute précision n’est autre que « Brigitte » : Dans les milieux catholiques, on ne cesse de répéter qu’« elle est des vôtres », que « Brigitte » n’a pas « d’idées de gauche »8 et qu’elle est « clairement de droite »9. Sa biographie officielle va d’ailleurs dans ce sens.
p.31
Après tout, n’est-elle pas issue de la bourgeoisie provinciale ? N’a-t-elle pas fait carrière dans les écoles privées catholiques élitistes, d’abord comme élève, puis comme enseignante ? Mais « Brigitte » se garde bien de le confirmer. « Brigitte » laisse libre cours aux hypothèses : « Les gens me classent à droite en fonction de mes origines et de mon éducation… mais personne ne le sait vraiment »10.
A l’heure où la France se droitise, le rôle de « Brigitte » est d’amadouer les milieux conservateurs en « traitant » individuellement leurs principaux leaders d’opinion, en détectant chez chacun la corde sensible, la faille narcissique avant de flatter leur vanité. Cet acte d’ingénierie sociale de haute précision, dans lequel « Brigitte » est passée maître, consiste à faire croire que la porte est toujours ouverte. Mais cette porte n’est pas seulement fermée à double tour, c’est un trompe-l’œil. Et lorsque les interlocuteurs de « Brigitte » le comprennent, il est souvent trop tard. Après le spectacle de charme, c’est l’humiliation publique.
Prenez Nicolas Sarkozy. Côté vanité, « Brigitte » lui a dit, lors de leur premier dîner en 2017, qu’elle était l’une de ses ferventes électrices. Après l’avoir raconté à tout le monde, il a été publiquement humilié lorsque « Brigitte » a démenti l’information dans la presse : « Elle a toujours nié avoir voté en 2007 pour l’ancien président, qui s’en est vanté dans le Tout-Paris ». « Même mon mari ne sait pas pour qui j’ai voté », répète-t-elle en privé [ … ] Elle se dit beaucoup plus libérale que son mari sur les questions de morale et de société »11.
À Philippe de Villiers, maillon influent des milieux traditionalistes que les Macron ont ajouté à leur tableau de chasse, le couple a suggéré qu’il serait le conseiller politique « de l’ombre », l’éminence grise de leur règne. Partout à Paris, leurs émissaires répètent que « Brigitte adore De Villiers » et qu’il est leur « ami intime »12. Malheureusement, cela tourne au vinaigre. Et lorsque Philippe de Villiers décrit le « regard halluciné – enfin, un peu plus que d’habitude » d’Emmanuel Macron, donnant « l’impression physique d’un jeune homme pas encore épanoui » lors d’un dîner tendu à l’Elysée, qu’il racontera en 2021 dans Le Jour d’après13, Philippe de Villiers s’attire les foudres de la télévision d’Etat (étroitement contrôlée par la présidence), qui le salit en s’attaquant sans vergogne à sa famille14 …
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Le couple est plus en phase avec le progressisme sociétal, comme le montrent les confidences recueillies par les journalistes Nathalie Schuck et Ava Djamshidi : « C’est une femme de droite, mais sur une ligne MoDem de droite, dans une veine un peu plus libérale », explique un initié. [ … ] De droite, oui, mais pas sur les questions de société. Si elle prend soin de ne jamais s’exprimer publiquement sur la procréation médicalement assistée (PMA) ou l’euthanasie, pour éviter toute forme de récupération politique, Brigitte Macron dit ne pas comprendre qu’un choix de vie puisse être imposé à d’autres. Fondamentalement libérale, elle a elle-même choisi de vivre sa relation avec Emmanuel Macron »15.
En 2023, le magazine Le Pointl6 s’est penché sur cette idée reçue selon laquelle « Brigitte » serait de droite et a conclu : « Brigitte Macron a toujours été agacée qu’on pense que ses convictions sont forcément de droite, par déterminisme. [ … ] Femme qui a toujours voulu choisir sa vie, elle est en fait plus libérale qu’on ne le pense sur les questions de société. Beaucoup sont tombés dans le panneau, pensant qu’elle était forcément de droite par atavisme. [ … ] Beaucoup pensaient avoir un allié à l’Elysée. Les plus conservateurs rêvaient même secrètement d’une revanche sur François Hollande et du « mariage pour tous ». [ … ] Quand on rencontrait Macron, baptisé adolescent, il disait « Ma femme t’adore ». La vanité a fait le reste. Quelle erreur de s’y laisser prendre ! La porte d’entrée était un trompe-l’œil17.
En effet, les Macron sont à l’avant-garde de l’agenda LGBT. La confirmation est venue de leur ancienne ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui a révélé que « Brigitte » avait présenté son projet de reconstruction de la flèche de Notre-Dame de Paris « une sorte de sexe en érection, entouré à sa base de boules d’or »l7.
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Légende de l’image
« Brigitte » et la baguette magique. En regardant cette photographie publiée dans Paris Match (11 août 2016), le lecteur, qui regarde l’image de gauche à droite, est incité à suivre le regard d’Emmanuel Macron en direction du sexe (caché) du naturiste, en faisant abstraction de « Brigitte ». Les prestidigitateurs – les Macron sont des prestidigitateurs sociaux – appellent ce processus cognitif « détournement de l’attention ». Pour cette manœuvre, qui consiste à diriger le regard du spectateur pour effectuer la manipulation, les magiciens utilisent leur baguette magique.
1. Aussi fluctuant soit-il, l’entourage des Macron comporte un fort courant homosexuel. Albin Servian, chef du parti présidentiel à Londres, a contribué à relancer le magazine homosexuel Têtu, en liaison avec le présentateur de télévision Marc-Olivier Fogiel, autre proche de « Brigitte » qui, en 2019, a été promu à la tête de BFMTV, la première chaîne d’information française, après avoir révélé son « mariage » avec un photographe masculin et son recours, pour avoir des enfants, à la gestation pour autrui, une pratique interdite en France. Le patron de Pink TV, Pascal Houzelot, la chanteuse Mika, l’animateur Stéphane Bern, le styliste Olivier Rousteing, etc. sont également sur la liste.
2. Il s’agit notamment de Claire Chazal, Line Renaud et Roselyne Bachelot.
3. Clément Beaune, Stéphane Séjourné, Olivier Dussopt, Gabriel Attal, Franck Riester, Sarah El Haïry, Mounir Mahjoubi, Guillaume Kasbarian, etc.
4. L’ancien ministre français de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a dû payer le prix pour s’être opposé au PACS (contrat d’union civile ouvert aux homosexuels). Lorsqu’il était le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot a également été « outé » sur le plateau du magazine people Closer.
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5. Le Grand Manipulateur, Marc Endeweld, Stock, 2019.
6. Des gays socialistes de la mairie de Paris et du Mouvement des jeunes socialistes aux cirJes gays de droite comme le sarkozyste La Diagonale et le libéral GayLib.
7. L’Obs, 16 février 2017.
8. Brigitte Macron. L’Affranchie, Maëlle Brun, L’Archipel, 2018.
9. L’Ambigu Monsieur Macron, Marc Endeweld, Flammarion, 2015.
10. Cité dans Le Monde, 13 novembre 2021.
11. lepoint.fr, 12 janvier 2024.
12. Marianne, 20 mai 2018.
13. Le Jour d’après, Philippe de Villiers, Albin Michel, 2021.
14. Histoire, argent, pouvoir : les vrais secrets du Puy du Fou, Complément d’enquête, France 2, 7 septembre 2023.
15. Madame la présidente, Nathalie Schuck et Ava Djamshidi, Plon, 2019.
16. Le Point, 9 février 2023.
17. 682 Jours, Roselyne Bachelot, Plon, 2023.
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